Nathalie Langlais Gantheil, sensation de nature

« En prenant le pinceau, je suis le chemin d’un voyage intérieur en explorant les liens plastiques et poétiques que la proximité avec la nature et les sensations liées aux émotions accumulées au fil du temps ont mis en résonance dans mon imaginaire.

L’observation de la nature est sans limite pour susciter l’émerveillement : minéraux, végétaux, animaux, ciel, eau et évidemment lumière. Et qui dit lumière, dit couleur qui est un élément de l’expression et selon Matisse celle-ci peut être encore plus encore que le dessin, une libération.

Et ce qui me fascine aussi, c’est le maillage des textures naturelles pour tracer le langage propre d’une nouvelle représentation ».

Nathalie Langlais Gantheil.

 

 

Avec ce texte introductif Nathalie nous invite à entrer dans son univers pictural. Il s’agit de sa première exposition en solo dans le Val d’Arly (73) un lieu qui l’inspire énormément. Une année fertile car elle a aussi ouvert en septembre un atelier et forme des élèves dont je fais partie à Praz sur Arly.

Qu’elle est ta trajectoire professionnelle ? A Annecy, durant une année j’ai préparé l’entrée de l’école des Beaux Arts de Paris. Puis j’ai suivi  les cours des Beaux Arts entre 1974 et 1982.  Ces  années ont été entrecoupées par des voyages en Scandinavie et l’exercice de métiers divers pour payer les études. Les découvertes liées aux voyages et aux différents métiers ont utilement complété l’apprentissage de l’École plus axé sur les angles techniques et la culture générale. En Scandinavie, j’ai approché d’autres techniques de dessin, la gravure et la lithographie.

 Après ton diplôme ? J’ai terminé l’école par une expo de fin d’année qui confère un niveau professionnel. Ensuite durant 5 ans j’ai donné des cours dans plusieurs MJC d’Annecy. Après un séjour non concluant à Paris je suis revenue à Annecy. 

Tu as repris les cours ? Non j’ai commencé une carrière de décoratrice et de styliste qui a duré vingt ans et qui a bien marché (réalisation de fresques à Megève pour des particuliers, des hôtels, de cartes de visite, de flyers…). La peinture sur bois et les représentations de poya ont eu un succès fou (la poya est le nom de la transhumance, terme utilisé dans les Alpes, le sud du Jura et en Vallée d’Aoste). Maintenant j’ai levé le pied et suis revenue aux sources.

 

Onde indomptable, huile sur toile

 

C’est à dire ? J’organise des ateliers comme à Praz. C’est un lieu de transmission et d’échanges des connaissances que j’ai accumulées durant toutes ces années. Il y a un côté relationnel et pédagogique qui m’est cher. Une vie artistique dans le Val d’Arly manque et j’aimerai bien contribuer à son développement.

Du point de vue de ma création maintenant je suis libre et réalise sans contrainte, fais ce qu’il me vient par la tête. Cette exposition est une première. Je sors de mon trou, me fais connaître. 

 

Neige sur neige, huile sur toile

 

Entretien réalisé le 14 juillet 2026

 

Rio (huile sur toile)

 

Nathalie présente des peintures à l’huile, des pastels, lithographie et quelques aquarelles. Des travaux plus anciens sont aussi exposés (peinture sur bois, pastel…). Jean-Pierre Gantheil l’accompagne dans cette expérience en faisant voir ses sculptures sur bois.

 

En cheminant sur le parcours de l’exposition on peut lire ce texte d’Olivier Debré, peintre.

« Une peinture aussi éloignée soit-elle de ce qu’il est convenu d’appeler la représentation du monde en reste une image…

Toute chose qui est participe du monde, y compris mon émotion.

Les peintres qui se croient de purs lyriques décrivent le paysage de leur émotion…

L’important reste l’intensité du sentiment et non le sujet, fût-il la description même de l’émotion ».

Un texte qui éclaire par résonance le parti pris artistique de Nathalie.

 

Tableau sur la page accueil, Fantasmagorie d’une feuille, huile sur toile.

 

 

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